De la nécessité des rimes… ou l’effondrement d’un mythe

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Ùnelaï
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De la nécessité des rimes… ou l’effondrement d’un mythe

Message par Ùnelaï »

Voilà, je parcours occasionnellement le « Café des arts » - bien que j’y fut déjà une habituée – et lis les poèmes qui s’y retrouvent. Je suis toujours surprise de voir que tous riment leur vers.

Je suis étudiante en littérature, et j’ai déjà eu un cours intitulé Poésie (essentiellement de l’analyse, mais une partie du cours était réservée à la création). La première chose que notre prof nous disait, c’était que la poésie moderne n’était pas rimée, que les poètes avaient depuis de nombreuses années abandonné cette contrainte supplémentaire, en même temps que les alexandrins ou autres vers comptés.

Notez que ce message n’est pas du tout écrit dans un esprit de rebuffade ou de tête enflée. Mais il me plairait de voir ce que vous écririez si vous délaissiez un peu les rimes ; les émotions qui en ressortiraient, les images que vous arriveriez à créer si vous ne pensiez pas à la rime avant tout. Ne vous inquiétez pas, je fournirai de mes propres poèmes si on me le demande.

Sentez-vous, de plus, libres de débattre sur ce que j’avance ici, de commenter les poèmes postés, bref, de discuter librement de littérature !

Mais avant, je retranscris ici d’excellents poèmes afin de vous « inspirer » (si l’inspiration existe réellement… pour un autre débat, peut-être…) et d'illustrer ce que j'avance. Ces poèmes sont parmi mes préférés, j’y ai mis aussi plusieurs poètes québécois, parce que j’y suis très attachée et que le Québec a produit (et continue de produire !) une excellente poésie, d’un très bon niveau. Si vous ne voulez lire qu’un poème de tous ceux-ci, je vous conseille celui de Roland Giguère, qui s’est rattaché au Surréalisme de l’après-guerre.


Pessoa, Fernando (1888 – 1935), Portugal, Le Gardeur de troupeaux, Gallimard, coll. « Poésie », p. 59.

« Cette dame a un piano
Qui est agréable mais qui n’est pas le cours des fleuves
Ni le murmure que font les arbres…

Pourquoi faut-il qu’on ait un piano ?
Le smieux est qu’on ait des oreilles
Et qu’on aime la Nature. »


Saint-Denys Garneau (Hector de) (1912 – 1943), Québec, Regards et jeux dans l’espace, La Bibliothèque québécoise, p. 42.

«Saules

Les grands saules chantent
Mêlés au ciel
Et leurs feuillages sont des eaux vives
Dans le ciel

Le vent
Tourne leurs feuilles
D’argent
Dans la lumière
Et c’est rutilant
Et mobile
Et cela flue
Comme des ondes.

On dirait que les saules coulent
Dans le vent
Et c’est le vent
Qui coule en eux. »


Hikmet, Nâzim (1901 – 1963), Turquie, Il neige dans la nuit et autres poèmes, Gallimard, coll. « Poésie », p. 84.

« Voilà

Je suis dans la clarté qui avance.
Mes mains sont pleines de désirs, le monde est beau.

Mes yeux ne se lassent pas de voir les arbres,
Les arbres si pleins d’espoir, les arbres si verts.

Un sentier ensoleillé s’en va à travers les mûriers.
Je suis à la fenêtre de l’infirmerie.

Je ne sens pas l’odeur des médicaments.
Les œillets ont dû fleurir quelque part.

Et voilà, mon amour, et voilà, être captif, là n’est pas la question,
La question est de ne pas se rendre… »


Miron, Gaston (1928 – 1996), Québec, L’homme rapaillé, Typo, p. 27.

« Soir tourmente

La pluie bafouille aux vitres
et soudain ça te prend
de courir dans tes pas plus loin
pour fuir la main sur nous

tu perds tes yeux dans les autres
ton corps est une idée fixe
ton âme caillot au centre du front
ta vie refoule dans son amphore
et tu meurs
tu meurs à petites lampées sous tes semelles

ton sang
ton sang rouge parmi les miroirs brisés »


Giguère, Roland (1929 – 2003), Québec, L’âge de la parole, Typo, p. 60.

« La Folie passe debout

Le cœur traversé le vent l’emporte ailleurs
hors de nous-mêmes dans les étangs de fièvre
et nous attendons l’heure des grandes caravanes de sel
ou une fête de fleurs sur une banquise perdue

le silence quitte la ville et nous laisse sourds
face à de grands cris rouges qui zèbrent nos murs

la panique la douce panique dort au coin du feu
mais il n’y a plus de feu
il n’y a que le rouge sombre de la folie
qui lentement pâlit et passe au jaune d’œuf

les tours ont beau libérer leurs sirènes
ce n’est pas à nous de renverser nos jardins
ce n’est pas à nous de prendre l’éclair pour le lys
(nous gardons l’œil clair pour un envol d’hélices)

nos chemins sont de ronces mais pas de boue. »


Laroche, Yves, Québec, L’alcool des jours et des feuilles, Le Noroît, p. 46. (Collage surréaliste, je ne peux transcrire la mise en page exacte.)

« Étudier dans le bruit
des gants blancs
Tombés
du fantôme qui distribue des pièces de monnaie
Des naissances plus heureuses

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La marge
Qui ouvre la marche
l’initiative perdue
qui dénoue un baiser »

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tit'papillon
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Re: De la nécessité des rimes… ou l’effondrement d’un mythe

Message par tit'papillon »

Salut Ùnelaï !

Les poèmes que tu proposes son t en effet très jolis, malgré l'absence de rimes, c'est vrai! Mais personellement je ne me sent pas d'en écrire un, tout simplement parce que sans contrainte d'écriture aucune, sans limites, sans rien, j'ai peur que mon esprit divague un peu trop loin, et ainsi m'éloignerais-je de ma thèse principale! Tu vois? Je ne me sent pas assez "pro" pour essayer de ne donner aucune limites a mon esprit...
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Ùnelaï
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Re: De la nécessité des rimes… ou l’effondrement d’un mythe

Message par Ùnelaï »

Je ne considère pas que la rime soit la seule contrainte que l’on puisse se donner en écriture… Tu pourrais essayer de choisir une figure de style qui viendra marquer tout le texte, exprimant les idées/émotions d’une façon détournée, toujours la même, peut-être contrastante, peut-être comparante…

Il ne faut pas oublier qu’en poésie, l’image est reine. Miron, dans « Soir tourmente », par exemple, ne dira pas : « tu ne te reconnais plus », il dira : « tu perds tes yeux dans les autres ». Il ne choisira pas d’écrire : « tu es paralysé, en pâture au regard des autres, vide », il préférera plutôt « ton âme caillot au centre du front ». L’émotion/l’idée/la thèse reste la même, et la poésie elle-même sert à la définir et à la structurer. Seulement, à force de réflexion, d’écriture et de réécriture, l’auteur la présente autrement, parce qu’abolir certaines limites du langage utilitaire permet d’instaurer un plus vaste espace de possibilités et d’interprétations. C’est ça plonger en poésie.

***

Ou comment partir d’un vague questionnement sur la rime pour en venir à une réflexion sur le processus de création poétique… Ceci n’est évidemment que mon point de vue courtement développé, et je suis curieuse de connaître le vôtre…

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Mîrmegil
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Re: De la nécessité des rimes… ou l’effondrement d’un mythe

Message par Mîrmegil »

Je n'écris pas de poésie, mais mes déboires scolaires me forcent à en lire et ce que j'y apprécie le plus, c'est la musicalité qui en ressort. Ainsi, j'aime beaucoup les tragédies tout en alexandrin (si vous entendez un malade déclamer à dix heures du soir Andromaque...:lol:), la poésie hugolienne, mais une poésie destructurée, dont la forme la plus poussée sera la prose, a plus de chances de me laisser de marbre...

Et je suppose que ceux qui montrent leurs oeuvres ici considèrent peut être aussi un peu que la musicalité a une grande importance en poésie: tout ce jeu d'allitérations, l'accentuation d'un mot par sa mise à la rime, et parfois la destructuration, mais pour engendrer un effet, pour faire contraste avec le reste du poème (on observe un peu ça dans certains passages du Bateau Ivre si je ne m'abuse...)
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Lola Black
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Re: De la nécessité des rimes… ou l’effondrement d’un mythe

Message par Lola Black »

Je suis tout à fait d'accord avec toi Unelaï en ce qui concerne la non nécessité des rimes puisque je pense aussi que la poésie est avant tout affaire d'image et que la rime n'est finalement qu'un "moyen comme un autre" de créer des images.

Mirmegil> En ce qui concerne la musicalité du texte, je trouve que les rimes ne sont pas nécessaires pour donner une musicalité au poème, la langue française offre d'autres moyens de faire chanter les mots (allitérations, répétitions, ponctuation...)
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Ùnelaï
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Re: De la nécessité des rimes… ou l’effondrement d’un mythe

Message par Ùnelaï »

Pour continuer ce que disait Lola, je retranscris ici un poème qui chante incroyablement à mon oreille, sans être rimé. Tout est dans les mots et les changements de rythmes continus.


Dans la nuit

Dans la nuit
Dans la nuit
Je me suis uni à la nuit
À la nuit sans limites
À la nuit.
Mienne, belle, mienne.
Nuit
Nuit de naissance
Qui m'emplit de mon cri
De mes épis.
Toi qui m'envahis
Qui fais houle houle
Qui fais houle tout autour
Et fume, es fort dense
Et mugis
Es la nuit.
Nuit qui gît, nuit implacable.
Et sa fanfare, et sa plage
Sa plage en haut, sa plage partout
Sa plage boit, son poids est roi, et tout ploie sous lui
Sous lui, sous plus ténuq u'un fil
Sous la nuit
La Nuit.
(Henri Michaux, « Dans la nuit » dans Lointain intérieur.)

Et pour finir, il reste que quant à moi, ce que je retiens de la poésie rimée, ce sont les images et les idées, non le rimes. Bien que je suis d'accord, un poème d'Hugo en alexandrins est toujours plaisant à se mettre dans l'oreille. Mais au-delà des rimes, ce sont les mots que je ressens.

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Wiiza
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Re: De la nécessité des rimes… ou l’effondrement d’un mythe

Message par Wiiza »

J'aime bien le défi

voila un poème pondu tout frais directement sur le furum



dans mon coeur affolé un esprit me tourmante
celui de mon amour qui
jamais
ne m'a aimer
je rêve a lui,
a toi,
toi,
tu fait battre mon coeur
ou blanchir,
mes nuits
qu'ai-je que tu n'aime pas
pour que tu me repousse
je suis seule,
écrasée a tes pieds
mon amour pour toi me ronge
et m'exalte
tu est ma vie, ma mort
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Mîrmegil
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Re: De la nécessité des rimes… ou l’effondrement d’un mythe

Message par Mîrmegil »

Pour ma part, je ne ressens pas vraiment la musicalité dans un poème sans rime ni vers. Mais je pense que c'est aussi parce que j'aime beaucoup ce qui est "carré"... Ensuite, la poésie reste quand même un domaine où la sensibilité joue un grand rôle et personne ne ressentira la même chose à l'écoute d'un poème.

Mais je reste d'accord sur le fait que la rime n'est pas absolument nécessaire à la poésie. D'un autre côté, la rime apportera au poème quelque chose de plus, qui me fera plus apprécier un poème rimé qu'un poème non rimé, et c'est là que je trouve un certain ajout de musicalité :wink:.
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Nibelheim
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Re: De la nécessité des rimes… ou l’effondrement d’un mythe

Message par Nibelheim »

Pour moi, les rimes ne sont absolument pas nécessaires dans la construction d'une bonne poésie. D'ailleurs, à moins d'être parfaitement maîtrisées, je trouve souvent les rimes lourdes, maladroites, comme brisant la musicalité du poème alors qu'elles devraient la renforcer. J'écris quelques poèmes libres absolument sans rimes, car je sais que je ne maîtrise pas vraiment une forme classique que je trouve magnifique chez les auteurs. J'adore les poèmes de Hugo, Rimbaud, les sonnets plus ou moins réguliers ; mais je suis d'accord. Au fond, ce sont les mots qui comptent vraiment, les mots et leur force.
Je n'ai pas le temps tout de suite de développer, alors je mets un de mes poèmes préférés, qui n'a pas de rimes non plus. J'ai déjà du le citer dans le topic poèmes, mais bon, au moins il sera là, et ce sera plus simple à retrouver
Supervielle, Les amis inconnus

Il vous naît un poisson qui se met à tourner
Tout de suite au plus noire d'une lame profonde,
Il vous naît une étoile au-dessus de la tête,
Elle voudrait chanter mais ne peut faire mieux
Que ses soeurs de la nuit les étoiles muettes.

Il vous naît un oiseau dans la force de l'âge,
En plein vol, et cachant votre histoire en son coeur
Puisqu'il n'a que son cri d'oiseau pour la montrer.
Il vole sur les bois, se choisit une branche
Et s'y pose, on dirait qu'elle est comme les autres.

Où courent-ils ainsi ces lièvres, ces belettes,
Il n'est pas de chasseur encor dans la contrée,
Et quelle peur les hante et les fait se hâter,
L'écureuil qui devient feuille et bois dans sa fuite,
La biche et le chevreuil soudain déconcertés ?

Il vous naît un ami, et voilà qu'il vous cherche
Il ne connaîtra pas votre nom ni vos yeux
Mais il faudra qu'il soit touché comme les autres
Et loge dans son coeur d'étranges battements
Qui lui viennent de jours qu'il n'aura pas vécus.

Et vous, que faites-vous, ô visage troublé,
Par ces brusques passants, ces bêtes,ces oiseaux,
Vous qui vous demandez, vous, toujours sans nouvelles
"Si je croise jamais un des amis lointains
Au mal que je lui fis vais-je le reconnaître ?"

Pardon pour vous, pardon pour eux, pour le silence
Et les mots inconsidérés,
Pour les phrases venant de lèvres inconnues
Qui vous touchent de loin comme balles perdues,
Et pardon pour les fronts qui semblent oublieux.
Merci pour ce sujet en tout cas. Cela manque, ce genre de sujet dans un forum appelé "Café des Arts". Alors merci :)


Edit : Après relecture, je vois ceci qui m'avait échappé.
Notez que ce message n’est pas du tout écrit dans un esprit de rebuffade ou de tête enflée. Mais il me plairait de voir ce que vous écririez si vous délaissiez un peu les rimes ; les émotions qui en ressortiraient, les images que vous arriveriez à créer si vous ne pensiez pas à la rime avant tout. Ne vous inquiétez pas, je fournirai de mes propres poèmes si on me le demande.
Alors je me permets de remettre un de mes petits poèmes sans prétention ici.

Cadavres Exquis.

Melle Poupée fil-de-fer
Au sourire d’émail
Et aux rêveries d’acier ;
Automates de tous les jours
Troubadours des temps modernes :
Regard figé semblant murmurer
Me voyez-vous dans vos rêves ?
Des mains de chair et d’ongles
Qui font vivre le temps d’un cliché,
L’actrice un peu trop raide,
Qui se croit soudain humaine.
Son âme prisonnière d’immobilité,
Au bonheur mort-figé,
Et au sourire qui se décompose.
Comme les vieux bébés à tête de biscuit,
Porcelaines obligeamment impolies
Un peu grossières …
Qui pleurent les doigts enfantins
Sur leurs lèvres tremblantes.
Comme l’automate d’il-fut-un-temps
Plus trop celui d’aujourd’hui …
Dans sa boîte noire de presdigitateur
Magicien un peu rouillé qu’on oublie d’éveiller,
Et la colombe étouffe au fond du chapeau…
Messieurs les élégants de porcelaine
Aux mécanismes brisés
Et aux larmes de poussière,
Passés derrière les araignées.
Quelques rares yeux d’enfant
Délicatement posés sur leurs fantômes ;
Indifférents des anciens vestiges
De leurs derniers pas de danse.
Immobilisés au travers du temps,
Attendant encore la dernière ovation,
Dont l’écho se brise au coin de la pièce à Carnaval ...
Jolies mains sans doigts, jolies têtes sans corps,
Espèce humaine miniature, génie des greniers
Aux cercueils un peu fragiles
Et aux cils arrachés …
Cadavres exquis.
Dernière modification par Nibelheim le 28 août 2007, 16:17, modifié 1 fois.
~ Carnets de Lecture ~
http://carnets-plume.blogspot.com/

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Re: De la nécessité des rimes… ou l’effondrement d’un mythe

Message par Ùnelaï »

J'aime beaucoup ton poème, Nibelheim - le dernier est de toi si j'ai bien compris? Les images sont fortes, et elles servent toutes, unies, le même propos. Super! Par exemple, quand tu écris « larmes de poussière », c'est très évocateur, car ce n'est pas non plus la façon directe de dire, ça touche à ce que je considère le langage poétique, comme je l'ai vaguement expliqué plus haut. Et il y a aussi beaucoup de jeux de mots appropriés producteurs de sens, tel « Porcelaines obligeamment impolies ». Je me répète, mais j'aime vraiment le travail effectué!

Voici, quant à moi,


Sans titre no-13

Ce bonbon à la menthe
goûte le désir que j'ai de toi.

Je pense que la route roule
alors que mon coeur s'é-croule.

La sirène retentit,
elle tache le ciel d'indécence.

Les bouteilles d'encre sont vides,
Le danger est proche.

***

La mention de cadavre exquis me fait penser qu'il serait aussi intéressant d'avoir le résultat d'écritures automatiques (je me permets de le mettre au pluriel, pour mon plaisir) si ces dernières ne finissent pas par être trop personnelles, comme c'est parfois le cas, et que vous préférez ne pas les publier. Petite question comme ça : faites-vous parfois de l'écriture automatique au clavier ? je n'ai jamais tenté, mais je me demande simplement si certaines personnes préfèrent cette technique et si oui pourquoi! ;)

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Wiiza
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Re: De la nécessité des rimes… ou l’effondrement d’un mythe

Message par Wiiza »

j'ai déja fait un petit exercice d'écriture au clavier. cet un anagramme tapé au hazard ou selon les lignes du clavier:

quand, dans un futur proche, tu sera roi
wallonne sera reine et
étiopie a tes pieds vous
reignerez dans un monde noir de paix
triste à vivre
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tit'papillon
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Re: De la nécessité des rimes… ou l’effondrement d’un mythe

Message par tit'papillon »

BOn allez de toute façon j'ai rien a perdre, jme lance, en direct live!!

Si tu veux aller vite
Cours
Si tu veux aller plus vite
Cours encore
Si tu veux filer comme le vent
Cours jusqu'a bout de forces
Si tu veux t'en aller loin
Cours longtemps
Si tu veux tester tes limites
Cours sans t'arreter
Mais si tu veux reconquerir mon coeur
Cours toujours...

Voila, vous en dites quoi?

Edit by moi : Ouai ba plus j'me relis et plus je trouve ca mauvais, parce que pas mélodieux...J'sais pas...
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Message par Stolvezen »

J'aime ces poèmes libres de vers, libres de rimes, libre de toute frontière. Le rythme, la musicalité n'en sont pas absents et les images comme les émotions dansent.

Curieusement c'est au lycée que j'ai connu l'existence de cette libre poésie, car une prof nous a proposé d'étudier des poèmes en prose. Voici l'un d'en eux:

Saint-John Perse, "Le mur", Images à Crusoé, Éloges (1925).

Le pan de mur est en face, pour conjurer le cercle de ton rêve.
Mais l’image pousse son cri.
La tête contre une oreille du fauteuil gras, tu éprouves tes dents avec ta langue : le goût des graisses et des sauces infecte tes gencives.
Et tu songes aux nuées pures sur ton île, quand l’aube verte s’élucide au sein des eaux mystérieuses.
C’est la sueur des sèves en exil, le suint amer des plantes à siliques, l’âcre insinuation des mangliers charnus et l’acide bonheur d’une substance noire dans les gousses.
C’est le miel fauve des fourmis dans les galeries de l’arbre mort.
C’est un goût de fruit vert, dont surit l’aube que tu bois; l’air laiteux enrichi du sel des alizés…
Joie ! Ô joie déliée dans les hauteurs du ciel ! Les toiles pures resplendissent, les parvis invisibles sont semés d’herbages et les vertes délices du sol se peignent au siècle d’un long jour.



On peut aussi faire de la poésie en peu de mots, comme dans les court poèmes japonais (haiku) et hop voici un petit lien :
http://www.nihon-zen.ch/vie_haiku.htm

J'aime bien ce genre d'images éphémères,
Ephémère comme une goutte de pluie sur l’été brûlant des sables sahariens.

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